Pour les chercheurs qui travaillent sur la maladie de Parkinson, une nouvelle piste de recherche surgit : les micro-organismes, incluant les virus, les bactéries et les champignons, qui vivent en nous et sur nous.

Grâce au financement de Parkinson Canada et de la Société Parkinson Colombie-Britannique, Dre Silke Appel-Cresswell, de l’Université de Colombie-Britannique, examine les changements qui se produisent dans le système olfactif et l’intestin bien avant l’apparition des symptômes moteurs classiques de la maladie de Parkinson que sont les tremblements, les raideurs et la difficulté à marcher.

Dre Appel-Cresswell et ses collègues savent que la surface interne du nez et la lumière de l’intestin comptent une forte densité de microbes.

« Il s’avère que les microbes surpassent par un facteur de 100 le nombre de cellules humaines, précise-t-elle. Notre système contient un plus grand nombre de microbes que de cellules humaines. »

Dre Appel-Cresswell se demande si les champignons intestinaux ont une incidence sur le développement de la maladie de Parkinson. Si ses recherches établissent un lien entre les champignons et les symptômes de la maladie, des études de suivi pourraient porter sur les mécanismes par lesquels les champignons influencent le développement de la maladie. Cet axe de recherche pourrait mener au traitement des champignons par des médicaments antifongiques pour vérifier si l’élimination des champignons ou la réduction de leur nombre dans le corps élimine également la maladie de Parkinson. Sinon, il pourrait également être possible d’accroître le nombre de microbes dans le corps en utilisant des moyens non effractifs, comme des probiotiques.

« Ce qui serait vraiment stimulant, ce serait de pouvoir traiter de façon précoce les personnes à risque élevé de développer la maladie de Parkinson, explique Dre Appel-Cresswell. La détermination du rôle que joue le microbiome humain dans la maladie est réellement une nouvelle piste pour la médecine. »

Étant donné que nous pouvons facilement y avoir accès et le modifier, il offre un riche potentiel de traitement », conclut-elle.